Les fours à boulets ou tirer à boulets rouges (1/2)

Le four à boulets du type Meusnier présent au Fort-la-Latte.

Pour compléter nos différents articles sur les batteries de côtes, Fortification et Mémoire s’intéresse à un élément particulier des fortifications côtières entre 1793 et 1843 : le four à boulets, destiné à faire rougir les boulets. Le tir à boulets rouges est un procédé permettant d’incendier une ville assiégée, des magasins à poudre ou des navires. Ce mode de tir est surtout employé par les batteries littorales, tout du moins de façon permanente, empêchant toutes approches et toutes tentatives de débarquement. Notons toutefois, que la fumée d’un four, aperçue par un vaisseau ennemi, a souvent dissuadé l’agresseur d’aller plus avant.

Cet article va s’appuyer sur l’étude très complète réalisée sur les fours à rougir les boulets de Jacqueline et André Tiret parue dans la revue du Cercle d’histoire et  d’archéologie des Alpes-Maritimes, Archéam. Nous verrons au cours de cet article en deux parties : la petite histoire du tir à boulets rouges, comment faire rougir les boulets, les grils et les fours à boulets, la technique de tir particulière des tirs à boulets rouges et un petit inventaire des fours existants.

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Les sentinelles de l’Empire ou les tours de l’Empereur (1/2)

Plan explicatif de la tour-modèle 1811 de la pointe des Espagnols à l’extrémité nord-est de la presqu’île de Roscanvel, excroissance de la presqu’île de Crozon fermant la rade de Brest. Photographie Fortification et Mémoire.

La rédaction de l’article sur le fort Boyard a amené Fortification et Mémoire à s’intéresser à la tour-modèle n°1 de l’ile d’Aix. Nous vous proposons donc une petite étude en deux parties sur les tours-modèles de Napoléon Bonaparte.

En 1757, alors qu’ils viennent de mettre à sac l’île d’Aix, après avoir détruit le fort de la Rade, les Anglais tentent de débarquer sur la plage de Châtelaillon, mais une batterie les en empêche, faisant la démonstration de son utilité et de sa bonne implantation.

L'île d'Aix et Châtelaillon.

L’île d’Aix et Châtelaillon.

Face à la permanence de la menace anglaise, la défense des côtes demeure l’un des sujets majeurs de préoccupation de Napoléon : l’affaire des Brûlots, en 1809 [nous avons traité de l’affaire des Brûlots dans l’article sur le fort Boyard], ne fait que réaffirmer l’importance de la mise en place d’un système de défense des côtes cohérent. 

Dans cette première partie, nous nous intéresserons :

  • à la genèse de ces tours ;
  • à la création des canonniers de gardes-côtes ;
  • au programme de 1810.

Dans une seconde partie, nous entrerons dans le vif du sujet, avec les différents modèles de tours.

Voyons ce que sont ces sentinelles…..

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