Des diaporamas de nos promenades

La galerie photos de Fortification et Mémoire :

La batterie du C’Hleger / la Tour de Camaret / Montreuil-sur-Mer / Arras / le fort de Bertheaume / les entrées monumentales de Vauban / le Quartier Ordener (Senlis) / le fort de l’île d’Houat / les carrières du fort d’Ivry / l’ouvrage de Saint-Ours haut / les entrées de la ligne Maginot / les tourelles de la ligne Maginot / les cloches GFM / les blocs d’artillerie de la ligne Maginot / Jersey / les sentinelles de pierre.

Période Vauban

Promenade à la batterie du C’Hleger (île de Batz)

Vers 1710, un corps de garde est édifié sur la hauteur, à une centaine de mètres du site. (il servira de magasin à poudre par la suite). Un premier rapport datant de 1735, donne comme armement de la batterie du C’Hleger, trois canons de 6 suffisants pour empêcher des chaloupes d’aborder la côte.

Au début des hostilités avec l’Angleterre en 1742, le rapport de la Capitainerie de Saint-Pol, dont dépendent les défenses de l’île, mentionne toujours le même armement mais prescrit d’y placer l’un des canons de 6 sur affût de campagne pour l’utiliser sur la côte Nord. Ce même rapport est le premier à indiquer l’existence du magasin à poudre garni de 2 quintaux de poudre.

 En 1763, un état de Le Roy de Saint-Paulin recense pour la batterie Est, deux pièces de 6 et une de 4, peut-être du système Vallières, de portée supérieure et plus légère que les anciens modèles. Le rapport « de Charmont-d’Aboville » relatif aux défenses de Brest mentionne en 1791, pour cette même batterie, une pièce de 6 et deux de 12.

Les canons de 12 sont placés « en barbette », la volée du canon passant au-dessus d’un merlon de protection.

A la fin de 1856, un rapport fait le point sur la situation des ouvrages de défenses.  La batterie du C’Hleger est armée de deux pièces de 8 sur affûts de côte, qui ont pour objet de battre sur les approches de la passe et défendre aussi les plages abordables.

Dans un rapport de la Commission de Défenses des Côtes, en date du 6 juin 1859, il est demandé la remise en état de l’épaulement de la batterie, la réparation de l’ancien corps de garde et du magasin à poudre. L’ensemble de l’opération peut se faire dans le délai de deux mois, et une somme de 600 francs est réclamée pour l’ameublement.

En 1883, la batterie du C’Hleger est définitivement désarmée.

En 1987, Patrick Le Saout, un plongeur amateur découvre deux canons sous une dizaine de mètres d’eau au sud-ouest de l’île. Déclarés aux autorités et répertoriés, ils sont datés du XVIIIe siècle par la Direction des Recherches Archéologiques Subaquatiques et Sous-Marines. L’association Les amis du Jardin Georges Delaselle engage en 1993 la réhabilitation de ces canons de 3 mètres de long et d’environ 1500 kg. Ils sont finalement remontés à la surface en septembre 2009 et restaurés pendant près de trois ans grâce au partenariat mis en place par la fondation EDF et le Conservatoire du Littoral. La conservation de ces pièces en fonte si longtemps immergées a nécessité une longue mais indispensable phase de traitement assuré par le laboratoire Arc’Antique spécialisé dans ce type d’intervention.
Installés sous peu sur la pointe sud-est de l’Île de Batz, sur la batterie du C’Hléguer, en continuité du Jardin Georges Delaselle, dressés fièrement face à Roscoff, ces deux canons offriront aux visiteurs de l’île un précieux et rare témoignage de l’histoire des défenses côtières au XVIIIe siècle.

Source du texte : http://zizitop.eklablog.net/penn-ar-c-hleguer-a-l-est-de-mon-ile-a44711766

Document sur les fortifications de l’île de Batz : fortifications littorales du chenal de l’île de Batz

NB : toutes les photographies ont été prises par Fortification et Mémoire (2016).

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Promenade autour de la tour de Camaret ou tour Vauvan

Unique dans l’architecture française, la Tour Vauban veille depuis plus de 300 ans sur l’anse de Camaret et l’entrée du goulet de Brest. Gardienne des côtes d’Armorique, la Tour offre aujourd’hui un témoignage remarquable de l’œuvre de Vauban en Bretagne.  La situation géographique de Camaret-sur-Mer en a fait de tout temps un port d’escale, abri sûr pour les marins et un enjeu important au plan militaire pour la défense du Pays du fait de sa position stratégique à  l’entrée de la rade de Brest.

A la fin du XVIIe siècle, en guerre contre l’Angleterre et la Hollande, Louis XIV, craignant une action maritime ennemie contre le grand port militaire de Brest, dépêche Vauban en Bretagne en vue de fortifier l’ensemble de la rade. Vauban entreprend alors la réalisation d’une impressionnante série de fortifications : construction de batteries de part et d’autres du Goulet (la batterie de Cornouaille et le fort de Mengant, les batteries de Bertheaume et de Camaret avec la Tour du Sillon de Camaret-sur-Mer).

La construction de la Tour, dont le projet est décidé par Vauban dés 1689 commence en 1693 et s’achève en 1696. Les onze pièces d’artillerie de la batterie basse croisaient leurs feux avec ceux de la pointe du Gouin, des lignes primitives de Quélern et des nombreuses batteries côtières… La tour et sa batterie étaient destinées à protéger le mouillage de l’anse de Camaret et l’accès au port militaire de Brest.

La preuve de sa nécessité et de son efficacité a été faite dés 1694. En effet alors qu’elle n’était pas encore achevée, elle a du faire face à l’attaque d’une expédition anglo-hollandaise le 18 juin 1694 qui s’apprêtait à envahir la Bretagne. Mais avec ses seuls 9 canons de 24 livres de balles et 3 mortiers de fer de 12 pouces, elle défend bien le port et les chaloupes ennemies débarquant sur la grève de Trez Rouz sont aussitôt attaquées par les miliciens et les soldats prévenus de l’attaque. Les assaillants en déroute ne peuvent rembarquer car, la mer baissant, leurs chaloupes se sont échouées. L’ennemi doit virer de bord laissant derrière lui de lourdes pertes.

La Tour Dorée de Camaret-sur-Mer a été retenue parmi les 12 sites majeurs inscrits au Patrimoine Mondial

 La Tour Vauban est en cours de restauration, afin de réaliser les tranches de travaux requises dans le cadre de l’inscription à l’UNESCO. Ces travaux font suite à la restauration des escarpes et contre-escarpes réalisée en 2008, et aux travaux de réfection des parements extérieurs. Au terme de ces étapes: la création d’un centre d’interprétation de l’oeuvre de Vauban en Bretagne. La tranche actuelle de la rénovation concerne les intérieurs, et de ce fait, ne permet pas d’accueillir le public à l’heure actuelle (été 2016).

NB : hormis le plan de la Tour (gallica), toutes les photographies ont été prises par Fortification et Mémoire (2016).

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Promenade dans la citadelle de Montreuil-sur-Mer

Mentionnée dès le IXe siècle, la place forte de Montreuil-sur-Mer a été régulièrement remaniée jusqu’à nos jours.

Du château royal édifié par les premiers rois capétiens, il ne reste rien. Afin de protéger l’activité commerçante florissante de Montreuil-sur-Mer, Philippe Auguste édifie, au début du XIIIe siècle, un château royal à Montreuil sur mer et renforce son enceinte urbaine (le front ouest). De ce château, il subsiste une puissante porte fortifiée par deux tours. Ce vaste édifice polygonal et dépourvu de donjon est édifié face à l’estuaire de la Canche afin de protéger le port royal de Montreuil.

La ville est alors une place militaire stratégique et un carrefour commercial entre l’Angleterre et les foires de Champagne. Les draps qu’elle produit sont exportés dans toute l’Europe. Du Moyen Âge, la citadelle a conservé la moitié occidentale du château royal ainsi que la tour porte de la reine Berthe et la tour blanche.

Au XVIe siècle, Montreuil joue à nouveau un rôle central dans les stratégies du royaume de France. Après le sac de la ville par les troupes de Charles Quint en 1537, le roi Charles IX ordonne l’édification d’une des premières citadelles bastionnées de France. En forme d’étoile, la citadelle de Montreuil-sur-Mer oppose à l’ennemi ses cinq bastions dont l’irrégularité est causée par une nécessaire adaptation au relief et à l’existence du château royal en partie conservé. Du XVIIe au XIXe siècle, le site est régulièrement renforcé, notamment par Vauban vers 1670 qui y ajoute un magasin à poudre et un arsenal. La plupart des bâtiments intérieurs datent de l’époque de l’ingénieur militaire du Roi Soleil.

La ville et la citadelle furent déclassées par le conseil supérieur de la Guerre en date du 1er octobre 1888.

Durant la Grande Guerre, l’Empire Britannique installe à Montreuil-sur-Mer son Grand Quartier Général entre 1916 et 1919. La citadelle est choisie pour abriter le central de télécommunication vers l’Angleterre et les lignes de front. Un espace d’évocation est visible dans les casemates.

Durant la Seconde Guerre mondiale, l’armée allemande utilise le bastion situé devant la tour de la reine Berthe comme cimetière militaire.

En 1944, la citadelle sert à loger les détenus de droit commun réquisitionnés pour le percement du complexe souterrain allemand d’Helfaut.

Entre temps, le 13 décembre 1926, la citadelle est classée Monument Historique avant d’être déclassée militairement en 1928 et achetée par la ville en 1929.

La citadelle et les casemates se visitent.

Une histoire de la citadelle : monographie communale d’un instituteur de Montreuil-sur-Mer.

NB : hormis la vue aérienne, toutes les photographies ont été prises par Fortification et Mémoire (2015).

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Promenade dans la citadelle d’Arras

« Elle [la citadelle] commandera fort bien la ville et enfilera beaucoup de rue et en abattra les édifices ». Vauban, projet pour Arras, 1671.

Passée définitivement sous l’autorité du roi de France en 1659, la ville est intégrée par Vauban dans la deuxième ligne des places du Pré Carré. Parce que le roi se méfie des Arrageois, une citadelle est implantée à 600 mètres de l’enceinte sur un point haut à la convergence de deux ruisseaux et reliée par des murs de jonction qui permettent un lotissement d’intervalle. Elle est construite en deux ans (1668-1670), sur les plans de Vauban et sous la direction du vicomte d’Aspremont. Comme celle de Lille elle forme un pentagone, mais étiré sur son grand axe, au sein duquel les bâtiments s’inscrivent sur un plan orthogonal autour d’une cour carrée. L’arsenal et la chapelle Saint-Louis sont là pour témoigner de la rencontre entre le classicisme du Grand Siècle et l’exubérance de la décoration brique et pierre de tradition espagnole locale.

La citadelle en grande partie conservée, est surnommée « la belle inutile », car elle ne remplit jamais aucun rôle défensif. Une grande partie des ouvrages avancés défendant la muraille ont été conservés : c’est le vaste cœur vert de la ville, aux abords abondamment boisés. Le chemin des douves suit le cours canalisé du Crinchon, utilisé par Vauban pour défendre la place. Le conseil supérieur de la Guerre, en date du 1 octobre 1888, prononce le déclassement suivi du démantèlement de la formidable enceinte Renaissance. Aujourd’hui il ne subsiste que le petit bastion en briques de Roeux (surnommé bastion des cauvettes (chouettes).

A l’extérieur de l’enceinte, « le Mur des Fusillés » rend hommage à 218 membres de la Résistance, fusillés dans les fossés de la citadelle, pendant la Deuxième Guerre mondiale.

Monument historique partiellement classé en 1920 et 1929, puis en totalité en 2012, la citadelle est inscrite au patrimoine mondial de l’UNESCO en 2008. Elle fait désormais partie du réseau des sites majeurs Vauban.

En 2009, après le départ du 601e régiment de circulation du train (601e RCR), la citadelle est démilitarisée en 2010. L’État en confie alors la gestion à la Communauté urbaine d’Arras.

Un complément d’informations sur la citadelle : Histoire & Mémoire.

NB : hormis la vue aérienne (photo Liondartois), toutes les photographies ont été prises par Fortification et Mémoire (2015).

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Vauban, les entrées monumentales

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De Vauban à Todt

Le fort de Bertheaume (goulet de Brest)

Le fort de Bertheaume se trouve dans le Finistère, à Plougonvelin Il est situé sur un îlot, accessible à marée basse, qui est de nos jours relié à la terre ferme par une passerelle. Il a longtemps servi à la surveillance du goulet de Brest.

Le fort de Bertheaume apparaît pour la première fois dans un acte du 8 mars 1474, mais il semble que ce premier fort ait été détruit en 1558. C’est ensuite Vauban qui décida d’en faire le premier rempart de défense de la rade de Brest en y établissant une batterie en 1689, afin de repousser une attaque ou un débarquement anglais. Elle prouva son utilité au cours du débarquement manqué des Anglais à Camaret en 1694.

Jusqu’en 1835, date de construction de la première passerelle, l’îlot n’est relié au continent que par une nacelle.

Les casernes et le mur d’enceinte, les magasins à poudre(dont l’un se trouve à 13 mètres sous terre) et la batterie basse datent du milieu du XVIIIe siècle. D’autre part, des casemates ont été construites entre 1880 et 1890.

Peu à peu perfectionné, le fort servira aux troupes allemandes qui s’y installent dès 1940. Ce fut d’ailleurs une redoutable poche de résistance à la Libération. Après la guerre, l’îlot et la partie continentale, propriétés du ministère de la Défense, vont rester quarante-cinq ans abandonnés sous la végétation.

Valorisation du site

Depuis leur rachat en 1990 par la commune de Plougonvelin, le fort et la partie continentale ont fait l’objet de fouilles archéologiques et d’une réhabilitation pour rendre le site visitable. Un problème majeur a été celui de la passerelle, qui a dû être reconstruite plusieurs fois, après avoir été emportée ou endommagée par les tempêtes hivernales.

La partie continentale accueillant désormais un « théâtre de verdure » (entouré par des alignements de « menhirs » réalisés dans les années 1990 et par des grillages), il s’y déroule des spectacles « sons et lumières » retraçant l’histoire du site ainsi que des concerts.

Depuis 2005, des tyroliennes et un parcours via ferrata ont été mis en place. Ce parcours d’environ 1h30 est proposé par Bertheaume Iroise Aventure.

NB : toutes les photographies ont été prises par Fortification et Mémoire (2016).

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Promenade autour du fort de Kernevest (Morbihan)

Un mémoire, en date du 15 octobre 1803, fait état d’ouvrages fortifiés à Kernevest et Kerpenhir. Ils dépendent de la commune de Locmariaquer jusqu’en 1892, date à laquelle Saint-Philibert a été érigée en commune.

Sa construction est décidée par un décret impérial pris par Napoléon III le 18 mai 1860. Il s’agit d’un fort de surveillance côtière, elle doit protéger l’entrée de la rivière de Crac’h et le port de La Trinité-sur-Mer. Il s’agit d’un fort avec fossés creusés dans le roc, défendus par des bastionnets (saillants II et III) et une escarpe demi-détachée à la gorge, qui est construit autour d’un corps de garde modèle 1846 n° 3 étêté et intégré. Un petit casernement à deux travées communique avec un magasin poudre modèle 1879 de peu de contenance. Il n’y a que deux traverses-abris. L’armement prévu était de 2 canons de 24 c modèle 1876 G et 6 canons de 95 mm. L’acheminement des canons de 24 c se fit à l’occasion des premiers tests du système Péchot et de la voie de 60, système qui donna pleine satisfaction, y compris pour armer les autres ouvrages de la presqu’île de Quiberon, avant d’être adopté dans la fortification de la France entière.

Dans la seconde moitié du XIXe siècle, l’évolution de l’artillerie terrestre et embarquée déclenche une escalade technique dans la conception des fortifications et une modernisation de l’armement. Dès 1860, l’apparition de l’artillerie rayée, capable de superposer des coups au but à plusieurs kilomètres de distance, entraîne rapidement la faillite du système défensif en continu, au profit d’une organisation plus ponctuelle. En 1885, l’invention de l’obus torpille, qui explose en touchant son but, impose une nouvelle refonte des ouvrages. La construction d’abris sous roc devient impérative. Les batteries existantes sont transformées en véritables forts dotés de plates-formes pour deux pièces de gros calibres encadrées par des traverses et des abris sous roc.

De 1885 à 1895, le site est occupé par des gardiens de batterie. Il est détaché du 16e régiment d’infanterie, en garnison à Auray, de 1896 à 1920. Le fort est abandonné jusqu’en 1940.

De 1940 à 1944 les Allemands intègrent cette batterie dans le Mur de l’Atlantique (position codée VA37 ex VA20) en construisant un blockhaus de type R667 pour canon de 5 cm KwK 38).

À la sortie de la guerre, un contingent de fusiliers marins de la Marine Nationale s’y installe (1944-1945). Laissé à l’abandon (1945-1974), il est équipé en station géomagnétique du CNRS avec installations d’appareils de mesures scientifiques. Il est de nouveau abandonné de 1980 à 1996.

Depuis 1991 et jusqu’au 22 juin 2000 pour le Fort de Kernevest, le Conservatoire du Littoral a racheté la zone côtière par mesure de protection de l’environnement. La commune de Saint Philibert décide ensuite de réhabiliter le site du Fort et de le faire revivre en y implantant l’école de voile Océane en 1996. La municipalité restaure le corps de garde en 2006. Le bâtiment est inauguré en 2008.

NB : hormis la vue aérienne du fort et la restauration du corps de garde, toutes les photographies ont été prises par Fortification et Mémoire (2016).

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1800 – 1900

Le Quartier Ordener (Senlis)

Cartouche « Quartier Ordener » apposé sur l’un des deux bâtiments encadrant l’entrée d’honneur. Photographie Fortification et Mémoire.

Lors d’un passage à Senlis (Oise) en 2016, Fortification et Mémoire en a profité pour faire quelques photographies du Quartier Ordener. Aujourd’hui démilitarisé, il est occupé, entre autres, par le Centre Européen d’Excellence en BIOmimétisme de Senlis (C.E.E.BIO.S.).

En 1873, la ville achète alors dans le faubourg Saint-Martin un important relais de poste auquel est attaché un corps de ferme. Ce vaste immeuble est aménagé en un quartier de cavalerie complet, avec tous ses locaux et services. Le quartier prend alors l’appellation de « Quartier de la poste ». L’ancien couvent des Carmes a été également mis à disposition du régiment, prenant au début le nom de « Petit Quartier ».
Pourquoi la municipalité a-t-elle tant investi, en voulant un régiment de cavalerie ? Il serait écrit dans les registres communaux qu’un tel régiment apporterait de bons rapports économiques et parmi ceux-là, la fourniture de crottin de cheval, très apprécié pour « fumer » les jardins maraîchers…

En 1874, le 6e régiment de cuirassiers, puis le 9e régiment des cuirassiers prennent possession des deux casernes. Ils y restent 20 ans jusqu’en 1894. Ils sont remplacés par le 2e régiment de Hussards qui s’installe pour une longue période : 18 ans, pour être ensuite transféré à Meaux (photo n°1).

Le 3e régiment de Hussards appelé « Esterhazy-Houzards » tient garnison au quartier Ordener du mois d’août 1912 jusqu’à la mobilisation d’août 1914 (photo n°2), il y revient d’octobre 1945 à août 1947 où il part au Maroc à Meknes (photo n°3).

Le 5e régiment de Chasseurs y cantonne de 1919 à 1927 (photo n°4).

Il est remplacé par le 24e régiment des Spahis Marocains (photo n°5), lequel devint le 4e régiment de Spahis Marocains de 1927 à 1940 (photos n°6 et 7).

Le 2e groupe autonome de Spahis Algéro-Marocains occupe le Quartier de 1946 à 1948.

Les Spahis reviennent le 1er février 1948 avec le 7e groupe d’escadrons de spahis algériens, devenant le 1er novembre 1958, le 7e escadron de Spahis. Il y cantonne jusqu’à sa dissolution, le 30 septembre 1962.

Ils sont remplacés par le 501e groupe de transport de retour d’Algérie, du 15 décembre 1962 au 1er juillet 1979 (photos n°8 et n°9).

En 1979, le 41e régiment de transmissions, en provenance d’Évreux (Quartier Tilly) rejoint Senlis pour se rapprocher des grands États-majors parisiens. Dès son arrivée, il reprend son appellation de « régiment de transmissions gouvernemental » et, est placé sous l’autorité de l’État-major des armées. Il contribue en permanence à la mise en œuvre des systèmes de transmissions nécessaires à la continuité de l’action de l’État sur tous les théâtres d’opérations, par la mise en place sous très court préavis d’équipes satellitaires légères et par l’implantation de postes de commandement au profit des représentants français. Dissous officiellement le 1er août 2009, il est recréé le 1er juillet 2010 à Douai (Quartier Corbineau) pour intégrer la brigade de transmissions et d’appui au commandement (B.T.A.C.) au sein des forces terrestres (photos n°10 et n°11).

Ce quartier (11 hectares) porte le nom de Ordener en souvenir du général éponyme décédé à Compiègne le 30 août 1811. Sous-officier avant la Révolution, il accède en 1789 à l’Épaulette et se distingue lors de toutes les batailles de l’Empire. Sept chevaux sont tués sous lui. Il est blessé de huit coups de sabres dont cinq sur la tête, de trois coups de feu et d’un boulet qui lui arrache la moitié de la face droite. Cela lui entraînera une grosse perte de l‘audition. Il a, durant ses batailles, pris six drapeaux ou étendards, capturés 6 000 hommes, 26 canons, 2 400 chevaux. Il devient général de division, sénateur, il participe à l’arrestation du Duc d’Enghien et devient gouverneur de Compiègne en 1810. Il est inhumé au Panthéon et son nom figure sur l’Arc de Triomphe (photo n°12).

NB : hormis les cartes postales, toutes les photographies ont été prises par Fortification et Mémoire (2016).

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En passant devant le fort de l’île d’Houat

Le « grand fort » central de l’île d’Houat est construit sur le point culminant du plateau rocheux (42 mètres) au centre de l’île de 1847 à 1855 dans le cadre de «projets extraordinaires pour 1847 – Défense d’Houat et d’Hoëdic» Il a pour mission le contrôle du port et des plages. Le fort ne recevra jamais d’armement, ni de garnison. L’artillerie rayée et la modernisation de la Marine rendent obsolète le fort. L’armée se contentera de l’entretenir jusqu’en 1874, le remettra en 1876 entre les mains du recteur de l’île, puis, en 1891, au service des Domaines.

Il se présente sur un plan légèrement trapézoïdal, flanqués par quatre bastions, l’ensemble est protégé par un profond et large fossé que surplombe un chemin de ronde. Seule l’escarpe est revêtue, la contrescarpe est en terre coulante.

Pour les tirs d’action lointaine, un parapet formant un cavalier continu derrière lequel doivent prendre place les pièces d’artillerie est taluté sur les fronts nord et sud. Le cavalier est relié au chemin de ronde par des passages souterrains voûtés ; le plus grand côté du fort, à l’ouest et donc le moins exposé aux tirs ennemis, est constitué par une caserne défensive ; une rampe suivie d’un pont-levis enjambe le fossé permettent d’accéder à la caserne, puis à la cour intérieur du fort. Composée de trois niveaux casematés, comptant neuf travées, la caserne peut abriter 300 hommes, son rez-de-fossé contient les magasins, son rez-de-pont-levis le corps de garde, des chambres pour les soldats et sous-officiers, son premier étage, des chambres pour officiers, sous-officiers et soldats. Sa terrasse comporte initialement un parapet percé de créneaux de fusillade.

Dans la cour, un magasin à poudre et des latrines doivent être construits.

La courtine à la gorge est plus enfoncée que celles des trois autres fronts.

La porte et la caserne défensive ne sont plus que ruines. Le corps de caserne a d’abord massivement servi de carrière pour la construction en 1915, par des prisonniers allemands, de la jetée de l’ancien port d’Er Beg. Puis les prélèvements de pierres ont continué jusqu’à la seconde moitié du XXe siècle pour la construction de nombreuses maisons du village.

Implantée au centre de l’ouvrage, le magasin à poudre avec ses deux gaines de circulation, encore appelées galeries enveloppes, demeure intéressant.

Trois pierres gravées sont encore visibles dans l’enceinte du Fort de Houat et témoignent des phases de sa construction. L’année 1853 est inscrite à cheval sur les trois pierres constituant la voûte d’un passage souterrain dans le rempart est. Au pied de l’angle d’escarpe nord-est, l’année 1854 apparaît sur un gros bloc d’angle retourné à l’envers dans sa chute au fond des douves. Enfin la poudrière, dernière phase de la construction du fort, est datée de 1855.

Aujourd’hui à l’abandon, il est envahi par la végétation.

NB : hormis les vues aériennes (Géoportail et Patrick Avré), toutes les photographies ont été prises par Fortification et Mémoire (2014).

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Promenade dans les carrières du fort d’Ivry

Les carrières, exploitées depuis des siècles pour y extraire la pierre de « Vitry », se trouvent sous la colline actuellement occupée par le fort. Inaccessibles au public pour des raisons de sécurité, ces souterrains recèlent des trésors fascinants, des caves voutées atteignant 10 mètres de hauteur aux parois portant les marques du temps et de l’histoire.

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La ligne Maginot

En passant devant l’ouvrage Saint-Ours haut

L’ouvrage de Saint-Ours haut est un ouvrage mixte (artillerie et infanterie) à quatre blocs, dont deux de combat visibles de l’extérieur et une entrée. Intégré dans le sous-secteur Ubaye-Ubayette (secteur de la vallée de l’Ubaye), il assurait le flanquement de l’ouvrage de Roche-la-Croix tout en barrant la vallée de l’Ubayette et la route descendant du col de Larche. La délégation locale de la Commission d’Organisation des Régions Frontalières établit l’avant-projet en 1929. Les travaux se déroulent de 1930 à 1935. Son réseau de galeries souterraines (142 m) avec sa « zone vie » (1 800 m2)fait de lui le plus grand ouvrage Maginot de la vallée de l’Ubaye effectivement achevé (11 officiers 233 hommes).

La photographie « 1 » représente l’entrée de l’ouvrage, avec la porte d’entrée pour les hommes (avec une passerelle mobile) et l’accès pour les véhicules. Au dessus de la porte, la prise d’air principale de l’ouvrage. Sur le fronton, les supports de l’antenne radio. A gauche de l’accès véhicule, la trémie d’un jumelage pour mitrailleuses Reibel de 7,5 mm. Non visibles sur la photographie : le créneau du fusil mitrailleur modèle 1924-29 pour la défense rapprochée et une cloche lance- grenades.

La photographie « 2 » représente la cloche cuirassée de guetteur fusil mitrailleur (GFM) de type A.

La photographie « 3 » représente le pont-levis permettant l’accès aux véhicules et aux mulets au hall de déchargement. Le transport des matériaux à l’intérieur de l’ouvrage (20 m plus bas) se fait par un plan incliné descendant à 70 % avec chariot porteur. Ce pont-levis est du type à « bascule en dessous ».

La photographie « 4 » représente le bloc n°2 (casemate d’artillerie pour le barrage de la vallée de l’Ubayette et flanquement de l’ouvrage de Roche-la-Croix). Celui-ci est armé d’un mortier de 75 mm modèle 1931 de casemate, de deux mortiers de 81 mm modèle 1932 de casemate, d’un créneau pour un mortier de 50 mm, d’un jumelage pour mitrailleuses Reibel de 7,5 mm et d’une goulotte à grenades. Le bloc est équipé d’une issue de secours en fond du fossé diamant.

La photographie « 5 » représente la trémie du mortier de 50 mm et la trémie d’un des mortiers de 81 mm. De côté, la trémie du mortier de 75 mm et le fossé diamant.

La photographie « 6 » représente une trémie pour un des mortiers de 81 mm modèle 1932.

La photographie « 7 » représente la trémie du mortier de 75 mm modèle 1931.

Les photographies « 8 » et « 9 » représentent la cloche GFM de type A du bloc n°4 (observatoire d’artillerie). Elle est équipée d’un périscope J2 (en position rentré sur la photographie « 8 ».

Ces photographies nous été envoyées par monsieur Gérard de Wailly (2015). Certaines de ses photos illustrent également la série d’articles sur le Mont-Dauphin.

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Pour poursuivre la visite : ici.

Ses “entrées”

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Ses “tourelles”

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Ses “cloches guetteur et fusil-mitrailleur”

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Ses “blocs d’artillerie”

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Mur de l’Atlantique

Escapade à Jersey

NB : toutes les photographies ont été prises par Fortification et Mémoire (2013).

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Élément d’architecture

La guérite, une sentinelle de pierre

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