Le glossaire

Le glossaire technique de Fortification et Mémoire, dans lequel sont expliqués certains termes contenus dans les articles.

Vous pouvez, en complément de celui-ci, consulter le glossaire illustré « typé » Vauban du site du centre de ressources pour la gestion du patrimoine fortifié : ici.

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Bandeau - 

Assise de pierre saillante, à profil rectangulaire ou arrondi, formant une bande horizontale continue le long d'un mur, destinée à protéger le mur du ruissellement des eaux de pluie. Pourtournant horizontalement un édifice, il est souvent employé pour en marquer les différents étages.


- Synonyms: Bandeaux
Banquette - 

D'infanterie ou d'artillerie, se sont des élévations de terre ou de gazon au-dessus du terre plein. Le défenseur monte (ou s'allonge) sur la banquette pour tirer à couvert par dessus le parapet d'un bastion, d'une courtine ou du revers d'une tranchée. Permet à l'artillerie de tirer "à barbette".

Capture


- Synonyms: Banquettes
Barbacane - 

Le terme barbacane désignait pendant le Moyen Âge un ouvrage de fortification avancé qui protégeait un passage, une porte ou poterne, et qui permettait à la garnison d'une forteresse de se réunir sur un point saillant à couvert, pour faire des sorties, pour protéger une retraite ou l'introduction d'un corps de secours.

Les armées qui campaient avaient le soin d'élever devant les entrées des camps de vastes barbacanes, qui permettaient aux troupes de combiner leurs mouvements d'attaque, de retraite ou de défense. Au moment d'un siège, en dehors des murs des forteresses, on élevait souvent des barbacanes, qui n'étaient que des ouvrages temporaires, et dans lesquels on logeait un surcroît de garnison. Mais, le plus souvent, les barbacanes étaient des ouvrages à demeure autour des forteresses bien munies.

Dans la fortification bastionnée, la barbacane prend le nom de ravelin.

[caption id="attachment_9614" align="aligncenter" width="384"] Carcassonne, la barbacane d'entrée vue du chemin de ronde du château, au fond la cité et la porte Narbonnaise.[/caption]

- Synonyms: Barbacanes
Barbelé - 

Le mot barbelé vient de l'ancien français barbele qui désignait des objets hérissés de pointes (probablement issu du mot barbe). Appelé aussi ronce artificielle ou barbelé, c'est une forme de fil de fer fabriqué de sorte à être piquant avec des pointes ou des angles parfois coupants disposés à intervalle régulier. Le fil barbelé a été beaucoup utilisé sur les champs de bataille. Déroulé et déposé simplement sur le terrain, il freine la progression des soldats, qui peuvent même s'y emmêler. Dans ce cas, le fil est composé de lames coupantes. Le 24 novembre 1874, l’Américain Joseph Glidden de DeKalb (Illinois), déposa le brevet du fil de fer barbelé le plus répandu et construisit la première machine capable de le produire en grande quantité.


- Synonyms: Barbelés
Barbette -  C'est la manière de tirer au-dessus d'un parapet remparé dépourvu d'embrasures, de créneaux ou de meurtrières, plus qu'un terme d'architecture militaire. On peut toutefois appeler ainsi la surélévation du terre-plein d'un ouvrage fortifié.

En artillerie, une barbette est un blindage complet entourant une arme et ses servants. Il s'agit d'un mur de blindage fixe, en forme de cône, sur le pont d'un navire de guerre, en débord, ou en porte à faux, sur la coque, au fuselage d'un avion ou au bâti d'une fortification. L'arme y est montée sur un pivot et l'opérateur tourne avec elle. Pour des raisons évidentes, la barbette est à ciel ouvert, afin de laisser à l'arme un débattement optimal.

La formule de la barbette, testée à la fin du XIXe siècle siècle, fut abandonnée au profit de la tourelle, plus maniable et offrant une meilleure protection.

Bastille - 

Ouvrage extérieur placé en avant d'une fortification pour en défendre les accès; la bastille se distingue de la barbacane par son plan fermé et par la présence d'une garnison propre.


- Synonyms: Bastilles
Bastion - 

Son invention au début du XVIe siècle est une réponse au développement de l'artillerie et de l'emploi des mines. On attribue les premiers essais de construction de fortifications bastionnées à Francesco di Giorgio Martini.

Les premières applications en France peuvent se voir à Navarrenx, alors en Navarre, à Saint-Paul-de-Vence et à Montreuil-sur-Mer dont les remparts ont été construits, le premier, à partir de 1540 sur les plans de Fabricio Siciliano et le second, en 1544, sur ceux de Jean de Renaud de Saint-Rémy. En 1585, l'ingénieur italien Aurelio Pasini fit ériger des fortifications à Vitry-le-François.

Sa forme est pentagonale, avec deux faces vers l'ennemi, deux flancs fournissant les feux de flanquement sur la courtine et la gorge vers le corps de place. Les flancs étaient de deux types, droits ou courbes avec des orillons. Le bastion pouvait être plein et coiffé d'un cavalier, une plateforme surélevée, elle aussi pentagonale, où se positionnait l'artillerie à longue portée. Les bastions alternaient avec des ouvrages avancés, les demi-lunes et tenailles qui croisaient leur feux avec ceux des bastions, dessinant un plan général en étoile. Les angles des bastions étaient souvent équipés d'une échauguette pour les sentinelles du fort.

À son origine, le bastion était lié au corps de la fortification principale et la chute de l'un d'entre eux signifiait le plus souvent la chute du fort. Vauban innova en le transformant en ouvrage détaché, qu'il nomma contre-garde. La tour bastionnée qui le remplaçait sur le corps de place permettait alors de tirer avec de l'artillerie, sur l'arrière du bastion, après sa capture, ce qui rendait la tâche de l'assaillant encore plus compliquée. La gorge des bastions est soit ouverte, fermée ou remparée. Le bastion est plein quand son terre-plein est au niveau des courtines, vide lorsque son terre-plein est en contrebas de ce niveau. Le bastion peut être défendu par plusieurs casemates.

[caption id="attachment_9624" align="aligncenter" width="932"]Capture Saint Martin de Ré. Les demi-lunes, îlots triangulaires également entourés par le fossé, une à gauche (43) et une à droite (42), en avant garde. Trois bastions triangulaires (29/30/31), ayant aux extrémités latérales un orillon masquant trois embrasures (dont les canons, invisibles de l'attaquant, balayaient le fossé de leurs boulets et mitraille) relié aux bastions voisins par la courtine.[/caption]


- Synonyms: Bastions
Batardeau - 

Le batardeau est, dans la fortification, un massif de maçonnerie qui traverse toute la largeur du fossé : on le place ordinairement vis-à-vis les angles saillants des bastions et des demi-lunes, et sur le prolongement des capitales de ces ouvrages.

On fait des batardeaux dans les fossés d'une place, pour en retenir l'eau et empêcher qu'elle ne s'écoule par les endroits du fossé qui se trouvent plus bas que les autres.

Pour qu'un batardeau soit bon et solide, il doit avoir depuis 15 pieds jusqu'à 18 pieds d'épaisseur. On le construit vis-à-vis les angles saillants des ouvrages de la fortification; parce que dans tout autre endroit il pourrait servir de couvert à l'ennemi dans le passage du fossé contre le feu de la place. Sa partie supérieure forme une espèce de toit en dos d'âne, elle se nomme la cape du batardeau. On construit sur le milieu de la cape une petite tour d'environ 6 ou 7 pieds de hauteur et d'autant de diamètre; elle sert à empêcher qu'on marche sur la cape.

[caption id="attachment_9604" align="aligncenter" width="400"]12650650 Batardeau sur une écluse à Gravelines.[/caption]

- Synonyms: Batardeaux
Batterie - 

Groupement de pièces d'artillerie installées tant pour l'attaque que pour la défense. A l'origine, la batterie se composait d'une terre-plein où les pièces étaient alignées sur des plate-formes derrière une masse couvrante, appelée épaulement ou coffre et précédée d'un fossé creusé surtout pour fournir la terre nécessaire. Si elle constitue un petit ouvrage à ciel ouvert, c'est la batterie casematée. Certains de ces ouvrages prennent la forme de tours, comme les tours anglaises Martello. Les batteries cuirassées sont des ouvrages revêtus de fer ou d'acier comme les coupoles ou tourelles des forts détachés. Jusqu'à l'avènement du canon de 75 à tir rapide, les batteries de campagne françaises étaient composées de six pièces d'artillerie avec leurs caissons à munitions et voitures de service. A partir de 1899, elles furent ramenées à quatre pièces (artillerie lourde comprise). En outre, l'artillerie lourde à grande puissance (ALGP) comme l'artillerie lourde sur voie ferrée (ALVF) n'en comportaient que deux (obusiers de 340 et 400 mm).


- Synonyms: Batteries
Berme - 

Passage étroit séparant une tranchée des terres de déblai provenant de son creusement. En fortification, espace ménagé entre entre l'escarpe du fossé et le pied du rempart. La berne permet de circuler autour de l'ouvrage et empêche que ne les éboulements provoqués par un bombardement ne comblent le fossé. Dans la fortification bastionnée, espace ménagé entre le pied du talus extérieur et le sommet du mur d'escarpe. Il sert à reporter en arrière le poids des terres et empêche qu'elles ne se déversent dans le fossé.


- Synonyms: Bermes
Bloc - 

Ouvrage bétonné placé à l'extrémité d'un rayon du "fort palmé" de la ligne Maginot, soit casemate, soit tourelle, voire les deux à la fois. Il peut être d'observation, d'artillerie ou d'infanterie, d'entrée (hommes et/ou munitions).

Les entrées des ouvrages de la ligne Maginot sont les blocs des ouvrages par lesquels les personnels de défense et de maintenance peuvent s'introduire ou sortir, ainsi que le matériel et ravitaillement. Elles sont adaptées aux besoins potentiels de l'ouvrage, tout en étant en principe infranchissables par les forces ennemies.

Les blocs de combat de la ligne Maginot sont les éléments qui, abritant mitrailleuses et canons guidés par des observatoires, assurent la fonction combattante des ouvrages.

[caption id="attachment_9545" align="aligncenter" width="300"] Le bloc entrée des munitions de l'ouvrage de Schœnenbourg.[/caption]

- Synonyms: Blocs
Bombe (sous Vauban) - 

Les premières bombes ont été réalisées dans les États allemands, mais c'est Jean Bureau, grand maître de l'artillerie de Charles VII, qui en perfectionnera la fabrication. Les premières seront utilisées en 1452 au siège de Bordeaux. Elles sont constituées par deux hémisphères de métal reliés après remplissage de poudre noire ; on les amorcera initialement avec une simple mèche de soufre et de salpêtre.

Sous Louis XIV, il s'agit d'un projectile explosif tiré par un mortier, ayant une trajectoire courbe permettant d'atteindre l'intérieur d'une place. C'est un arme imprécise au tir lent de trois coups par heure et de poids énorme.

[caption id="attachment_9543" align="aligncenter" width="197"] Diderot et D'Alembert Gravure originale de Robert Bénard (1734-1777) . "Art Militaire, Fortification. Planche VII - Le pointage du canon, compas, mortier, bombe".[/caption]

- Synonyms: Bombes
Bonnette - 

Type de bastion sommaire de deux faces en forme de V, avec parapet et palissade au devant, construit lors d’un siège. La bonnette est un ouvrage très bas, construit à l’extrémité des angles saillants et rentrants d’un glacis dont elle défend les approches. C'est aussi l'exhaussement du parapet à l'angle d'un ouvrage à l'aide de sacs ou d'amas de terre pour pourvoir tirer à couvert sur les banquettes.


- Synonyms: Bonettes
Bossage - 

Saillie brute ou façonnée (bombée ou demi-sphérique) donnée à la partie visible des blocs composant certains murs appareillés. Cette taille de la pierre (déjà employée par les Croisés) outre, de donner au mur un motif décoratif en relief présente la particularité d'être très résistante aux divers projectiles, tout en les empêchant de ricocher. Employé uniquement dans l'architecture militaire jusqu'au XVe siècle. Le bossage devient décoratif à partir du XVIe siècle, on parle alors de bossage vermiculé à table saillante, en pointe de diamant. Voir aussi : http://bossage.e-monsite.com/pages/pages-masquees/le-bossage.html

[caption id="attachment_9541" align="aligncenter" width="300"]porte-saint-jean Le bossage rustique de la porte Saint Jean des remparts de Provins.[/caption]
Boulevard - 

Dans les fortifications, le boulevard est un terre-plein à l'extérieur du corps de place, rempart élevé en terre gazonnée en avant d'une fortification antérieure non prévue pour le tir au canon. Il passe ensuite à l'état de terrassement permanent revêtu de pierre ou de maçonnerie épaisse, défendu par des fossés, des batteries couvertes et à barbette. Le boulevard devient alors la principale défense des places, il protège les anciens murs, forme un saillant considérable et n'est relié à l'ensemble de la forteresse que par des lignes étendues. Au XVIe siècle, le mot italien baluardo, boulevard, désigne un bastion, une rondelle, un bastillon ou un cavalier. Les promenades plantées d'arbres remplaçant les anciennes fortifications remplaçant les anciennes fortifications ont gardé le nom de boulevards.

[caption id="attachment_9594" align="aligncenter" width="349"] Boulevard devant le château de Saumur.[/caption]

- Synonyms: Boulevards
Boyau -  Fossé en zigzag édifié dès l'apparition de l'arquebuse (début du XVIe siècle). Il permet des mouvements de troupe et le ravitaillement de l'arrière à la première ligne sans être (trop) exposé au tir ou à la vue de l'ennemi. [caption id="attachment_9649" align="aligncenter" width="506"] Guerre 1914-1918. Organisation du terrain.[/caption] e  
- Synonyms: Boyaux
Bretèche - 

Une bretèche est un petit avant-corps rectangulaire ou à pans coupés, plaqué en encorbellement sur un mur fortifié au Moyen Âge (mur de château fort, forteresse, ville, ferme, manoir ou église fortifiés), défendant par un flanquement vertical la base de la muraille (bretèche de façade), une ouverture dans ce mur (porte, poterne) ou un angle (bretèche d'angle).

Avec le déclin des éléments défensifs de l'architecture militaire au Moyen Âge au XVe siècle, la bretèche prend une fonction décorative (fausse bretèche).

[caption id="attachment_9588" align="aligncenter" width="200"] Bretèche du château de Beynac.[/caption]


- Synonyms: Bretèches
Bunker - 

De l’allemand Bunker, lui-même emprunté, au XIXe siècle, à l’anglais bunker au sens de « entrepôt à charbon dans une usine, soute à charbon dans un navire. ». Le bunker devient la « soute où dorment les marins » puis « soute » puis « entrepôt », réemprunté à l’allemand au sens militaire. Il désigne une soute, une casemate ou un réduit fortifié bétonné. Il est plus particulièrement employé dans la ligne fortifiée Siegfried et le Mur de l'Atlantique. Le bunker est souvent profondément enterré et puissamment bétonné. En français, il fait double emploi avec blockhaus et peut pratiquement toujours être rendu par casemate ou fortin.


- Synonyms: Bunkers
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