Saint-Malo : ses forts de mer (1/3)

Borne du kilomètre 0 démarrant au fort de la Cité, de la voie de la Liberté de Saint-Malo à Avranches. Photographie Fortification et Mémoire.

Dans cette série d’articles en trois volets, Fortification et Mémoire vous emmène au pied de la cité malouine, à la découverte du fort de la cité d’Aleth (également dénommé fort de la Cité ou fort de Saint-Servan). Nous n’en visiterons que les superstructures, car lors de notre passage, le Mémorial 39/45 était fermé.

Avant de nous intéresser au fort de Saint-Servan en troisième partie, une première partie nous fera survoler les forts de mer entourant Saint-Malo, sous Vauban. Dans une seconde partie, nous nous intéresserons à la Festung Saint-Malo à la veille et lors des combats pour la libération de Saint-Malo en août 1944.

Vauban et Saint-Malo ou les forts de mer

Qu’est-ce qu’un fort de mer ou un fort à la mer ?

Le fort de mer (ou fort à la mer) se décline selon trois principales typologies. Les exemples sont appliqués aux forts bretons, en relation avec cet article.

Le fort « classique » repose sur le principe de l’occupation totale de son rocher support. L’idée est d’asseoir la fortification sur le roc et, par le tracé curviligne de l’ouvrage, d’éviter l’effet des coups de boutoir de la mer et des boulets en cas d’attaque. Souvent monolithique, il comprend deux niveaux de feu : d´une part la batterie haute, facilitant le tir à longue distance dans toutes les directions, comme dans les gréements et mâtures ; d´autre part la batterie basse, dite rasante (pour un effet sur les coques), placée sous casemate, qui, elle, permet de faire feu en éventail et de suivre l´évolution de la flotte ennemie. Le fort à la mer est conçu comme un navire de haut bord. Autonome, il ne doit compter que sur lui-même. Ainsi les voûtes protègent-elles non seulement les servants des pièces mais aussi et surtout les espaces de vie : les casernements, la chapelle, la citerne alimentée par les eaux pluviales et le magasin à poudre. En Bretagne, seuls deux édifices peuvent être considérés comme de véritables forts à la mer : le fort dit château du Taureau en baie de Morlaix et le fort de la Conchée, au large de Saint-Malo.

Vauban écrit en 1689 : « son profil doit être fort et robuste, tant à raison des coups de mer dont il sera terriblement battu que de la grande hauteur qu’il est nécessaire de lui donner tant pour le rendre inaccessible aux entreprises aux entreprises de basse mer, que pour lui donner fleuron supérieur à celui des tous les vaisseaux qui passeront près ».

Le château du Taureau. Photographie Bulo78.

Le fort à la mer « hybride » est quant à lui construit sur un rocher ou un îlot. Il combine du côté de la mer une batterie de grande dimension et du côté de la terre une fortification « terrestre ». Ce type de fortification comporte un seul niveau de feu pour l’artillerie. Du côté de la terre, la gorge est protégée d´une attaque de fantassins par un front bastionné (demi-bastions) percé de nombreux créneaux de mousqueterie. La hauteur et les ouvertures de tir doivent dissuader les éventuels ennemis de toute approche. Les édifices logistiques – magasin à poudre, hangar pour le matériel d´artillerie, corps de garde et chambre de l’officier – sont regroupés dans un bâtiment de type longère. Les représentants de cette famille architecturale construits de 1689 à 1700 sont regroupés dans la baie de Saint-Malo : Saint-Malo, les forts du Petit Bé et du Grand Bé, le fort National et celui de l’île de Harbour.

Le château de Saint-Malo. Photographie Gérard Cazade (www.cazade.com).

L’île-fort ou île fortifiée constitue en général un ensemble fortifié de grandes dimensions. Elle a pour but d’observer et de protéger une vaste zone de mouillage où les navires amis font relâche. Contrairement au fort de mer, l’île-fort est constituée de plusieurs parties distinctes : ouvrage d’entrée avec fossé, enceinte en redan, portes ; mur d’enceinte faisant banquette de tir ; batteries de côtes ; édifices logistiques tels les magasins à poudre ou hangars pour le matériel d´artillerie ; casernements ; enfin tours ou redoutes faisant réduits défensifs. L’île-fort comporte plusieurs niveaux de feu pour l’artillerie et des ouvrages d’infanterie permettent une défense rapprochée en cas d’attaque terrestre. Deux exemples correspondent à cette famille architecturale : à Landéda, le fort Cézon (1694-1695) et à Perros-Guirec. À une autre échelle, la citadelle et les fortifications de Belle-île correspondent elles aussi au concept d’île-fort. Quant au fort de l’île aux Moines, proche par bien des aspects dans sa conception, il est cependant construit dans un autre contexte, entre 1740-1746, alors que la reprise des raids britanniques conduit à relancer l´effort de fortification.

  Le fort de Cézon sur l'île aux Moines.Le fort Cézon à Landéla (Finistère).

En guise d’introduction  :

De l’importance de Saint-Malo

Lors de la guerre de la ligue d’Augsbourg opposant à partir de 1689 la France à l’Angleterre et aux Provinces-Unies, l’Angleterre menace la France d’une guerre maritime et les ports bretons de «pilleries et bombarderies». La Bretagne devient alors une province frontière et Saint-Malo, une forteresse avancée. Louis XIV y envoie Vauban à plusieurs reprises pour mettre la ville en défense et nomme en 1689 un ingénieur, Jean-Siméon Garengeau afin de l’assister dans son entreprise.

Saint-Malo et ses remparts avec au fond, le fort National. La devise de Saint-Malo est : « Ni Français, ni Breton, Malouin suis ».

À la fin du XVIIsiècle, Saint-Malo est la fois la citè corsaire (cité natale de Surcouf et de Duguay-Trouin) et marchande. Le commerce de la mer fait sa richesse. Saint-Malo est le seul port pour les navires de fort tonnage entre Brest et Le Havre. Les armateurs malouins sont au cœur du trafic maritime international : pêche à la morue à Terre-Neuve, commerce avec le Nouveau Monde (pacotilles contre métaux précieux et produits exotiques), prises de guerre rapportées par les corsaires, cabotage…

Port de première importance, Saint-Malo doit craindre deux menaces principales. Tout d’abord, celle d’une attaque par la mer et celle d’une flotte ennemie mouillée aux Pierres aux Normands [Fosse-aux-Normands] pouvant détruire Saint-Malo par bombardement.

carte

Carte marine de Saint-Malo. Collection Géoportail.

Pour pallier cette menace, Vauban et Garangeau construisent à partir de 1689, une ceinture de cinq forts détachés destinés à interdire ce mouillage à une flotte ennemie : le fort National, le Petit Bé, le Grand Bé, le fort de l’île de Harbour et le fort de la Conchée.

Positionnement des forts National, du Petit Bé, du Grand Bé et du fort de l’île de Harbour. Collection Géoportail.

Carte anglaise du XVIIIe siècle montrant les fortifications de la ville de Saint-Malo et indiquant la position des forts Royal, du Grand Bay et du Petit Bay.

Vue aérienne prise dans les années 1950 montrant, de la gauche vers la droite, le fort National, le Grand Bé et le Petit Bé. Source Géoportail.

Qui est Jean-Siméon Garangeau ?

Jean-Siméon Garangeau, ou Garengeau, né à Paris en 1647 et mort le à Saint-Malo, est un ingénieur militaire français. Après avoir participé en tant que volontaire au siège de Maastricht (1673) et avoir été capitaine du régiment de Champagne, Garangeau est réformé à la suite d’un bras cassé suite à un coup de mousquet. Ses connaissances en dessin géométrique, inculquées par son père, le font s’orienter vers les arts. Après des voyages en Italie et en Angleterre, il est en 1677 architecte à Paris et, en 1678, contrôleur des bâtiments de Versailles et de Fontainebleau et ingénieur du Roi.

En tant que tel, il supervise les travaux de l’arsenal de Marseille en 1679 avant d’être nommé à Brest en 1682. Il y est l’auteur de l’église Saint-Louis de Brest. En poste pendant dix ans à Brest, Vauban le nomme en 1691 ingénieur en chef et directeur des fortifications de Saint-Malo, où il demeure jusqu’à sa mort célibataire en 1741. Il a également la charge des fortifications de Haute-Bretagne.

Bien que pas totalement achevés, ses ouvrages défensifs permettent de repousser deux attaques maritimes anglo-hollandaises sur Saint-Malo du 23 au et du 14 au . En 1708, il reçoit comme ingénieur une rente annuelle de 3 800 livres qui est portée à 4 000 livres en 1717. Il supervise également les quatre agrandissements de Saint-Malo en 1708-1710, 1714-1725, 1721 et 1737, et l’aménagement de Saint-Servan (église Sainte-Croix de Saint-Malo).

Plan du château de Saint-Malo signé par Garangeau le 20 novembre 1723. Collection Gallica.

Les cinq forts détachés

Le fort National

Le fort National. Photographie Babinet Damien.

De fort Royal sous la royauté, il devient fort de l’Islet [du rocher éponyme] sous la Révolution, puis Impérial (sous l’Empire) et enfin National (en 1870). Il est bâti près du château de Saint-Malo (150 toises, environ 300 mètres) au débouché de la porte Saint-Thomas et à l’une des extrémités de la Grande Plage.

Sur le rocher de l’Islet sur lequel va être bâti le fort s’élève jusqu’en 1689 un phare dit le Pharillon, sorte de torchère où par les nuits sans lune, on brûlait des matières résineuses pour guider la marche des navires. Le rocher de l’Islet était aussi le lieu d’exécution des condamnés à mort de la seigneurie de Saint-Malo. C’était au pied d’une grande croix dénommée la croix des Ardrès ou des Ardrillés, que les condamnés récitaient leurs dernières prières expiatoires. C’est à ce même endroit que s’élevèrent ensuite les fourches patibulaires pour la pendaison des criminels.

À l’Islet, que l’on aborde à marée basse, la construction, programmée en 1689, démarre en 1691-1692 sous la direction de l’ingénieur Garangeau et avance relativement vite. Il est à peu près terminé en 1693.

Sur ce plan, la dénomination « Royal » a été biffée pour être remplacée par « National ».

Au début de 1695, le fort reçoit : six pièces de 30, une pièce de 18 et deux mortiers. « Pour profiter de l´avantage du vide qui se trouvera entre l´ancien et le nouveau revêtement, on y fera des souterrains pour un magasin à poudre, à l´épreuve des bombes, pour serrer les vivres et pour se mettre à couvert, chose absolument nécessaire car, pour n´avoir eu qu´un petit magasin à poudre [dans la longère], comme dans plusieurs autres forts, on fut obligé, le jour du bombardement, de tenir celui du château ouvert la moitié du jour pour distribuer et renvoyer la poudre, pour remplacer celle consommée, malgré la grêle des bombes qui tombaient alentour de ce magasin et entre les charrettes chargées dont il pouvait arriver la ruine entière de la ville, à quoi on remédiera en faisant des souterrains capables de toutes les munitions nécessaires » écrit Garangeau le 14 août 1695.

  Plan-relief du fort National.Plan-relief du fort National.

L´ouvrage de plan presque carré, de superficie d’environ 4 000 mètres carrés, se compose d´une batterie haute percée de 16 embrasures, d’une batterie basse circulaire à barbette sans embrasures, d´un front bastionné au sud dans lequel s´ouvre la porte monumentale précédée d´un pont-levis et d´un fossé sec. La gorge est protégée d´une attaque terrestre par un mur percé de nombreux créneaux de mousqueterie.

La porte du fort. Photographie Fortification et Mémoire 2018.La porte d’accès est constituée de deux lourds vantaux fermés par trois serrures. En haut, la première aujourd’hui modernisée, au centre la deuxième fonctionne toujours. Sa clef est un chef-d’œuvre de ferronnerie. En bas, la troisième serrure, actuellement en restauration.
Dans la partie supérieure de la porte deux crochets ferrés permettent de la bloquer par une traverse mobile dont le bras articulé est verrouillé par une quatrième serrure en restauration elle aussi.
Dans une large rainure descendait une lourde herse servant de contre poids au pont-levis qui, tournant alors sur son axe, dont subsiste les rotules en bronze, se relevait à l’extérieur pour bloquer la porte et accroître sa défense. Ce mouvement de bascule permet par effacement d’un plancher le dégagement d’une fosse défensive.

Cour intérieure du fort (plateforme sommitale). A gauche, le bastion est, et au centre le débouché de l'escalier menant à l'entrée. Photographie Fortification et Mémoire.

Cour intérieure du fort (plateforme sommitale). A gauche, le bastion est, et au centre le débouché de l’escalier menant à l’entrée. Photographie Fortification et Mémoire.

On accède à la cour du fort par un escalier montant depuis l’entrée. Depuis celle-ci, l’on dispose de vues sur les deux kilomètres de la plage du Sillon, sur toute l’agglomération de Saint-Malo : Paramé, Courtoisville, Rochebonne et dans le creux, Rothéneuf. On distingue également la Pointe de la Varde (et son fort). Au large, les îles Chaussey d’où provient le granit extrait pour bâtir le fort et les derniers remparts de Saint-Malo.

Le puits d'accés aux citerne dans le bastion est. Photographie Fortification et Mémoire.Dans le bastion est se situe « le puits » et ses citernes (alimentées par les eaux pluviales) d’une contenance de plus de 50.000 litres pour survenir aux besoins de la garnison. Cette eau est recueillie dans un chéneau positionné sur l’arrière du corps de garde. Celle-ci s’écoule via un système de canalisation et de filtres sur sable jusqu’aux citernes.

Cour intérieure vue depuis le bastion. Le corps de garde occupe toute la largeur de la cour. Photographie Fortification et Mémoire 2018.

Cour intérieure vue depuis le bastion. Le corps de garde occupe toute la largeur de la cour. Photographie Fortification et Mémoire 2018.

La grille fleurdelisées fermant l'accès vers la poterne donnant sur l'extérieur du fort. Photographie Fortification et Mémoire 2018.Toujours sur la gauche, à l’extrémité ouest de la plateforme, se trouve l’accès au magasin à poudre, creusé dans le rocher. L’obscurité est totale et l’aération est assurée par deux évents chicanés. Les murs ont une épaisseur de roc et de maçonnerie comprise entre trois et cinq mètres. Ce local, pouvant également servir de cachot, est fermé par une lourde porte de bois pleine et une grille en fer forgé ornée de fleurs de lys d’époque. A l’extérieur, une autre porte avec une grille fleurdelisée donne sur les récifs. La plaquette de visite nous indique que cette porte se présente comme un leurre pour l’ennemi qui, s’il cherchait à accoster par là échouait à coup sûr sur les récifs. Cet accès pouvait également servir pour remonter la poudre (et autres marchandises) et l’entreposer directement dans le magasin à poudre.

Sur cette vue, on distingue l'ouverture de la porte donnant sur l'extérieur (à gauche de l'aplomb du drapeau). On remarque le développement du bastion d'entrée avec tous ses créneaux de fusillade. Photographie Fortification et Mémoire 2018.

Sur cette vue, on distingue l’ouverture de la porte donnant sur l’extérieur (à gauche de l’aplomb du drapeau). On remarque le développement du bastion d’entrée avec tous ses créneaux de fusillade. Photographie Fortification et Mémoire 2018.

Les édifices logistiques :  hangar pour le matériel d´artillerie, corps de garde et chambre de l’officier sont regroupés dans un bâtiment faisant longère et doté de combles de manière à y loger des troupes supplémentaires en temps de guerre. Contrairement au Grand Bé, le fort dont la partie basse est battue par la mer, est construit en maçonnerie de pierre de taille de granit.

Une guerite en pierre dans le bastion d'entrée. Photographie Fortification et Mémoire 2018. Le fort côté ouest avec au fond sur la capitale du basion, une guerite. Photographie Fortification et Mémoire 2018. La guerite et sa fleur de lys. Photographie Fortification et Mémoire 2018.

Vauban, en octobre 1695, porte l’artillerie à : six pièces de 48, dix pièces de 30, une pièce de 18, une pièce de 12 et, dans les embrasures ayant vues sur la grève, six pièces de 4. Un lieutenant et trente hommes occupent le fort. En 1759, fort Royal dispose de seize canons de fer, en barbette. Sur la batterie haute, dix pièces de 30 et sur la batterie basse, six pièces de 48.

L'artillerie en positon face à la rade de Saint-Malo. Photographie Fortification et Mémoire 2018.

L’artillerie en positon face à la rade de Saint-Malo. Photographie Fortification et Mémoire 2018.

L‘enceinte extérieure du fort est agrandie et remaniée au XVIIIe siècle et au début du XIXe siècle (1848) pour améliorer la défense du fort du côté de la terre.

Il est déclassé en 1869, classé monument historique le 17 mai 1906 et devient propriété privée en 1927.

Les évènements d’août 1944

Durant la bataille de Saint-Malo, le dimanche 6 août 1944, en début d’après-midi, la  Kommandantur craignant une rébellion de la population donne l’ordre de conduire tous les hommes de Saint-Malo dans le fort National.
Le 7 août, au point du jour, 380 malouins se dirigent en longue file vers le fort où ils sont emprisonnés. Commence pour eux une semaine d’attente interminable. Les Allemands tirent sur les Alliés depuis le Grand Bé et l’île de Cézembre. Les internés du fort sont donc pris entre les deux feux. Les obus n’épargnent pas le fort, mercredi 9 août, un obus éclate sur le parapet nord de la plateforme. Neuf hommes sont tués sur le coup, dix-huit autres sont blessés. Deux autres décès suivront dans la nuit malgré les soins vigilants prodigués par le Docteur Lemarchand et le réconfort apporté par le curé de Paramé, l’abbé Groussard, tous deux internés au fort. Les morts seront inhumés sur place.

Les obus américains s'abattent sur le fort National.

Les obus américains s’abattent sur le fort National.

Les vivres s’épuisent. Au cours de la nuit du samedi 12 août 1944, un courageux volontaire, Pierre Boué, quitte le Fort pour avertir les Américains de la situation des internés. Il plante un drapeau blanc sur la digue pour indiquer à ceux qui restent qu’il a réussi à traverser.
Dimanche 13 août 1944 : les captifs sont rejoints par 150 femmes et hommes âgés. L’évacuation est rendue possible dans la soirée grâce à une trêve d’une heure. C’est la fin du cauchemar.
Hélas, 18 d’entre eux ne devaient jamais revoir les leurs. Leurs noms sont gravés à l’endroit même où dans la nuit du 9 au 10 août 1944, ils ont été fauchés par les obus alliés. Ces obus détruisirent partiellement le Fort et le corps de garde. Il sera reconstruit à l’identique, cinquante ans plus tard.

Aujourd’hui

Le Fort National est dans la famille Bolelli depuis 1927. Jacques Bolelli, l’actuel propriétaire, en a d’ailleurs fait sa seconde demeure. Cet homme d’affaires, passionné d’histoire, est propriétaire du fort avec six autres membres de la famille, via un bail emphytéotique. Les visites, qu’ils font eux-mêmes ou avec de jeunes étudiants, aident au financement de la rénovation. Fous amoureux de leur fort, les Bolelli sont bien décidés à le garder encore longtemps.

Lorsque le drapeau tricolore est hissé sur le fort, celui-ci est accessible à la visite.

Le site internet du fort National.

      Dans les années 1900, le fort National en arrière plan d'un parc à homards.Carte postale colorisée des années 1900 représentant le fort National à marée basse.Une vue des remparts et du château de Saint-Malo prise du bastion est du fort National. Dans le bastion, à droite, on distingue l'ouverture (puits) des citernes.Carte postale montrant une vue aérienne du fort National avec en arrière plan la ville de Saint-Malo. A remarquer la batterie basse tournée vers la mer.

Célèbre photographie (posée) montrant les soldats américains faisant feu sur le fort National avec leur canon anti-char anti-char 57 millimètres Gun M1.

Plan du fort "de l'îlette", fait à Saint-Malo par Garangeau le 13 décembre 1697. (c) Inventaire général, ADAGP.Le fort national à marée basse. Photographie Céréales Killer.Le fort National à marée haute.Le fort National, vu du ciel.      
L’assaut estival ! Photographie Fortification et Mémoire 2018.

L’assaut estival ! Photographie Fortification et Mémoire 2018.

Le fort du Petit Bé

Le fort du Petit Bé. Photographie Guillaume Piolle.

Le fort du Petit Bé [ou du Petit Bay selon la toponymie en vigueur sous Vauban ou Petit Bey, selon l’orthographe de Chateaubriand] est construit sur un rocher éponyme à une portée de canon (500 toises, environ 1 kilomètre) de Saint-Malo. Programmé en avril 1689, et abordable à marée basse, le fort avance assez vite. Il est en travaux lors de l´attaque anglaise de novembre 1693. Le Petit Bé combine avantageusement du côté de la mer une batterie en fer à cheval de grande dimension percée de 19 embrasures et du côté de la terre une fortification composée de deux demi-bastions dont la hauteur et les créneaux de mousqueterie dissuadent les éventuels ennemis de toute escalade et d’un grand logis à deux étages percés de meurtrières. La porte à l’est, que surmonte un fronton triangulaire, donne sur le vide car, curieusement, l’escalier n’a jamais été réalisé. Vers le large, une guérite (échauguette) surmontée d´une fleur de lys protège le pied du rempart. La batterie croise ses feux avec le fort de l’île de Harbour pour défendre l´entrée en Rance.

  Plan-relief du Petit Bey.Plan-relief du Petit Bey.

Juste après la bombarderie de 1695, où le fort put tirer sur les navires ennemis présents dans la fosse aux Normands, l´ingénieur Garangeau mentionne : « Le Petit Bé est un fort bien construit, de bonne et très solide maçonnerie. Il ne lui reste plus que les logements à achever au-dessus des souterrains. Il est muni de 9 canons (nombre porté à 15 en 1697 dont 4 de 48 livres de balles et 6 de 36 livres de balle) et de 2 mortiers ». 177 hommes assurent le service des pièces d´artillerie en 1697.

« Il manque à ce fort une petite avancée pour couvrir son entrée et fermer son fossé, faire un escalier pour y monter, un pont dormant à bascule. Dépense de 6 000 livres », écrit Garangeau en janvier 1734.

En 1759, le Petit Bé renferme dix canons de fer : quatre pièces de 48 et six pièces de 30, partie en embrasures, partie en barbette.

       Plan du fort du Petit Bé (Bay) avec son augmentation, fait à Brest par Vauban le 25 septembre 1695. (c) Inventaire général, ADAGP. Plan et profil du fort du petit Bé, 1697 (?). (c) Inventaire général, ADAGP.Plan du fort du Petit Bé. Collection Gallica.Elévation de la face extérieure du bâtiment du Petit Bé, fait à Saint-Malo par Garangeau le 27 janvier 1697. (c) Inventaire général, ADAGP.

Jusqu’en 1880, il est propriété de l’armée française qui l’occupe et l’entretient. Passé cette date, il est déclassé militairement, et confié à la ville de Saint-Malo. Bien que classé monument historique le 19 octobre 1921, le Petit Bé est délaissé pendant plus d’un siècle. À partir du 1er Janvier 2000, un bail emphytéotique d’une durée de quarante ans est passé entre la ville de Saint-Malo et un passionné afin d’engager des travaux de restauration…à ses frais et d’ouvrir le Petit Bé au public.

Lorsque le drapeau tricolore est hissé sur le fort, celui-ci est accessible à la visite.

Ce passionné, l’amoureux des vieilles pierres : Alain-Etienne Marcel, fait renaître le fort du petit Bé. La batterie, sortie des broussailles, reçoit un nouveau canon, tandis que la citerne vidée de ses ordures est de nouveau alimentée par les eaux pluviales des toitures restaurées du casernement. Ce travail de restauration, aussi exemplaire que bénévole, est à admirer en profitant de la marée basse pour partir à l´assaut du fort.

Monsieur Alain-Etienne Marcel (2016).

Monsieur Alain-Etienne Marcel (2016).

      Le fort du Petit Bé en 1900.Vue générale du fort du Petit Bé et sa situation par rapport à Saint-Malo.Vue générale du fort du Petit Bé. (c) Inventaire général, ADAGP.Vue aérienne du Petit Bé. On remarque la qualité de la restauration et la pièce d'artillerie en position de tir à barbette. Collection Marc Bourbon aerophoto.

Le fort du petit Bé vu depuis le fort de la Cité. Photographie Fortification et Mémoire.

Le fort du Petit Bé à marée haute vu depuis Dinard. Photographie Fortification et Mémoire.

 Le fort du Grand Bé

L’îlot du Grand Bé se détache devant Saint-Malo. http://www.atout-saintmalo.com/

À la différence du Petit Bé ou du fort National élevés tous deux sur des rochers, le Grand Bé [ou du Grand Bay selon la toponymie en vigueur sous Vauban ou Grand Bey, selon l’orthographe de Chateaubriand] est construit sur un îlot. S´il semble aujourd’hui arasé, le Grand Bé conserve outre la célèbre tombe de Chateaubriand tournée vers le large, de nombreuses traces d´occupations anciennes et celles de la Seconde Guerre mondiale.

Une redoute est construite en 1553, puis remplacée par un fortin en 1652. Le site est réutilisé par Vauban en 1689 pour la défense de Saint-Malo.

En novembre 1693, le château s’arrête au cordon. Les murs de ce fort, bientôt abandonné, ne s’élevèrent jamais plus haut.

En juin 1695, le Grand Bé est pourvu de quatre pièces de 24 et deux mortiers.

Plan du fort du Grand Bé vers 1750, signé du chevalier Mazin, ingénieur du roi. « Ce fort reste imparfait dans son enceinte étant élevée qu’à la hauteur du cordon, excepté la partie du parapet AB. Construite pendant la dernière guerre pour couvrir la plateforme d’un mortier CC ». Collection Gallica.

« Le Grand Bé est un fort de pareille construction que celui d´Arboulé [La Varde], muni de huit canons et de trois mortiers. Il a cinq embrasures qui ont leur découverte sur le mouillage de la fosse aux Normands » écrit Garangeau en août 1695.

En octobre 1695, Vauban arme le fort de quatre pièces de 48, quatre pièces de 30, quatre pièces de 24 et de six mortiers.

Le plan du projet d´agrandissement vers le nord du fort sur le Grand Bé, établi à Saint-Malo par Garangeau le 12 juin 1697, nous apprend que le corps de garde et le petit magasin à ustensiles seront aménagés dans une ancienne chapelle… et que d´autres petits édifices en appentis regroupent le logement du maître canonnier et un magasin à poudre.

Cette même année, les archives montrent que le Grand Bé est doté de 250 bombes pour ses trois mortiers, et dispose en outre de quatre canons de 48 livres de balle, quatre canons de 36 livres de balle et quatre autres de 24 livres de balle ; plus de 1 200 boulets tous calibres confondus et près de huit tonnes de poudre. La garnison est composée de 2 officiers, 30 soldats, 3 « bombardiers », 4 canonniers de marine, 120 canonniers de issus des milices communales et 45 matelots habitués à obéir rapidement aux ordres.

Projet de fort sur le Grand Bé, fait à Saint-Malo par Garangeau le 12 juin 1697. (c) Inventaire général, ADAGP.

En 1818, un lazaret est installé sur l’îlot.

Les ruines du Lazaret (couvent ?) installé sur le Grand Bé.

L’écrivain François-René de Chateaubriand, natif de Saint-Malo, est enterré au Grand Bé le 18 juillet 1848. Vingt ans avant sa mort l’écrivain avait manifesté son désir d’être inhumé sur ce lopin de terre, face au large, pour poursuivre sa conversation avec la mer.

 La tombe de Chateaubriand sous sa forme d'avant guerre.La tombe de Chateaubriand et avec le fort National en arrière plan. Photographie Philippe Alès.  

Propriété de la ville de Saint-Malo, le Grand Bé est accessible à marée basse par une chaussée submersible.

       Vue générale de l'îlot du Grand Bé. En arrière-plan : le fort de la Conchée. (c) Inventaire général, ADAGP.Vue aérienne de l'îlot du Grand Bé et des remparts de Saint-Malo.Vue aérienne des remparts de Saint-Malo, du fort National et des Bé.Vestiges de l'ancien fort ? Au fond, la tombe de Chateaubriand.

  Le fort de l’île de Harbour

Fort de l’île de Harbourg vu depuis Dinard.

Situé à 1 600 toises au nord-ouest de Saint-Malo et face à Dinard, le fort de l’île de Harbourg [fort de l’Isle Herbou ou fort de l’île d’Harbour] a pour mission de battre l´entrée de la Rance : les Portes et le Décollé. Dans sa conception, il est à rapprocher du fort National pour ses logements et du Petit Bé pour sa batterie rasante en fer à cheval.

Sa construction s’avère une dure et longue besogne. Si à l’Islet et aux Bés, où l’on aborde à marée basse, les fortifications avancent assez vite, les choses vont autrement à l’île Harbour, à la Conchée, où les maçons et les matériaux doivent être amenés par de nombreuses gabarres, tributaires de la météo. Après quatre ans passés (1691), le fort de l’île Harbour manque de plateformes. Pas d’artillerie en place lors de l’attaque anglaise de 1793.

Plan-relief du fort de l’île Harbour.

Souhaitant renforcer les gardes des forts d´Harbourg et de la Conchée par des canonniers de marine expérimentés, Vauban préconise de les faire relever tous les 8 jours en été et tous les 15 jours pendant l´hiver. Selon les coutumes, les habitants de Saint-Servan et les paroisses alentour gardent Solidor et l´île d´Harbourg tandis que les paysans de la côte regroupés en milices assurent la garde du Fort La Latte.

« Il faudra nécessairement un commandant sédentaire dans le fort de l´île Harbourg qui ne bouge de là et qui ait la clé des magasins des vivres et des munitions de guerre qu´on y mettra, et un maître canonnier qui tienne là une petite cantine pour le secours des gardes qu´on y mettra. Il serait à souhaiter que ce commandant pût être quelque vieil officier de marine intelligent, fût-il manchot ou jambe de bois. Je dis un officier de marine parce qu´il faut qu´il connaisse les vents, les marées et la manœuvre des vaisseaux… » note Vauban dans son projet pour le dispositif de la garde de Saint-Malo et ses côtes en mai 1694.

Plan du fort de « l’isle Herbou ». Collection Gallica.

En juin 1695 à l’île Harbour, deux pièces de 30, deux mortiers, puis renforcés par deux pièces de 30, six pièces de 24 et quatre pièces de 18.

En 1759, l’île Harbour comporte douze canons de fer, calibre 30, en barbette. Sa garnison est de 100 canonniers et soldats et un aumônier des forts de mer, le fort dispose d’une chapelle pouvant servir de hangar au besoin !

Le fort de l'île d'Harbourg vu du ciel.

Le fort de l’île d’Harbourg vu du ciel.

Le fort a perdu toute vocation militaire et a été acquis par des privés. L’île est un site inscrit depuis le et le fort est un monument historique classé depuis le .

Difficile de percer les mystères du Fort Harbour. Il a un temps appartenu à un acteur français très connu : Alain Delon. Celui-ci l’avait acheté à la fin des années 1970 après avoir joué dans un film tourné à Fort Boyard. Il l’a finalement vendu au propriétaire actuel en 1981. Aujourd’hui, le fort est parfaitement restauré, mais son propriétaire refuse de l’ouvrir au public, et souhaite rester dans l’anonymat le plus total. Cependant, il est ouvert lors des journées européennes du patrimoine.

      Le fort de l'île Harbourg vu du ciel. Collection Géoportail.Le fort vu depuis Dinard.A marée basse.L'entrée du fort de l'île d'Habour.

Le fort de l’île Harbour à marée haute vu depuis Dinard. Photographie Fortification et Mémoire.

Le fort de la Conchée

En 2014, le fort de la Conchée vu du nord-ouest, avec au pied du fort le rocher de Quincé. Collection fortdelaconchee.org.

Les îlots des Conchées s’étendent à deux miles nautiques au nord-ouest de Saint-Malo (quatre kilomètres). Battu par les vents et courants, le fort de la Conchée est ancré sur le rocher de Quincé. Ce rocher n’émerge que d’une quinzaine de mètres aux plus grandes marées basses.

Positionnement du fort de la Conchée, cerclé en rouge.

Armé de redoutables canons de 48 livres, il est la clef de voûte du dispositif de protection de la cité malouine. Le plus éloigné du port, le fort de la Conchée doit permettre de prendre à revers les navires ennemis tentés de bombarder Saint-Malo, en verrouillant une passe d’accès à la rade hors de portée des canons de Cézembre : « la passe aux Normands ». La construction de l’édifice débute en 1692 à partir de plans que Vauban confie à Siméon de Garangeau.

Plan du rez-de-chaussée du fort de la Conchée signé par Siméon Garangeau en 1695. Collection Gallica.

Le 27 novembre 1693, les Anglais s’emparent du fort en cours d’édification, faisant prisonniers les maçons et les soldats présents. Par contre, ils échouent dans leur tentative de détruire la cité malouine à l’aide de la célèbre machine infernale, vaisseau bardé d’explosifs qui s’échoue sur les récifs avant d’atteindre les remparts de la ville.

Plan-relief du fort de la Conchée : construction : 1695, échelle : 1/72, dimensions : 2,09 mètres x 1,59 mètre, une table, matériaux : bois, papier, peinture. © musée des Plans-reliefs – Christian Carlet.

Dès le début de la construction du fort en 1692, Vauban fier des premières réalisations, écrit au roi : « La Conchée sera cy après, la meilleure forteresse du royaume, la plus petite es la mieux entendue comme elle aura été la plus difficile à bastir car jamais ouvrage ne le fut tant. » Puis, en 1699 envoi ce courrier à Le Pelletier : « Si Dieu veut qu’elle en soit ainsi que je l’espère, ce sera la plus belle forteresse marine qui soit en Europe et la plus digne de la curiosité des hommes, bien que située dans un désert affreux, quoique environnée d’eau de toute parts. Les poissons eux-mêmes n’osent pas s’en approcher de peur d’être broyés contre les rochers. »

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Plan du fort de la Conchée signé du Chevalier Mazin. Collection Gallica.

Considéré comme achevé en 1695, le fort résiste la même année, le 14 juillet, à une seconde bombarderie de la flotte anglaise, commandée par l’amiral Berkeley.

Les salles de tir magnifiquement restaurées. Collection fortdelaconchée.org

Sur une superficie de 1 600 m2, l’ouvrage se présente sous la forme d’un vaisseau de pierre aux formes arrondies, dissimulant des voûtes intérieures en virage. Les maçonneries des épais remparts ont été renforcées, pour consolider l’ouvrage face aux tirs ennemis, mais aussi de manière à protéger des assauts des vagues le modeste rocher soutenant l’édifice. Au niveau inférieur, une monumentale porte d’entrée, taillée dans la roche aux armes du Roi, offre un accès direct à une des salles basses du fort. Au niveau supérieur, des terrasses d’artillerie ont abrité des canons tirant à barbette (au-dessus du parapet grâce à la surélévation du terre-plein de l’ouvrage), ce qui permettait aux artilleurs d’atteindre les navires ennemis à hauteur des coques.

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Plan des dessus du fort de la Conchée signé du Chevalier Mazin. Collection Gallica.

A la fin du XVIIIe siècle est aménagé à l’intérieur de l’ouvrage un four à rougir les boulets de type Meusnier [voir l’article de fortification et Mémoire sur les fours à rougir les boulets]. Protégé des projectiles des assaillants par un soubassement en maçonnerie, disposant d’une voûte semi-circulaire assurant le chauffage des boulets par réverbération, ce four permet de chauffer en continu plusieurs dizaines de boulets en une seule heure de temps. Il assure également un rôle dissuasif à une époque qui ne connait pas encore les vaisseaux à coque blindée. En effet, la fumée d’un tel four, perçue par un navire ennemi, suffisait souvent à convaincre l’agresseur de reprendre le large.

Pour plus de détails, Fortification et Mémoire ne saurait que trop vous conseiller la lecture du très beau livre d’Alain Rondeau : « Fort de la Conchée – Le chef d’œuvre le plus audacieux de Vauban – Saint-Malo 1692 -2011 ». Vous saurez tout sur le fort, de sa construction à sa restauration, comme sur la flotte malouine et les bombarderies de Saint-Malo.

Le livre d’Alain Rondeau, président-fondateur de la compagnie du fort de la Conchée.

Lors du second conflit mondial, le fort de la Conchée est investi par les troupes d’occupation, et utilisé comme cible d’entraînement par les batteries lourdes allemandes. Il subit de nombreux dégâts, notamment en 1943, lorsqu’un réglage de tir d’une de ces batteries endommage gravement le pignon sud de l’ouvrage et détruit les logements des officiers sur la terrasse. En 1944, lorsque les troupes alliées reprennent possession du fort de la Conchée, l’ancienne machine de guerre, désormais en ruine a perdu toute vocation défensive.

Classé au titre des monuments historiques en 1984 et acquis définitivement en 1989 par monsieur Alain Rondeau, il est aujourd’hui la propriété de dix-neuf sociétaires, réunis au sein de la Compagnie du Fort de la Conchée. Celui-ci est déjà et au prix de travaux titanesques, quasiment restauré à 80%.

Site internet du fort de la Conchée.

Le fort de la Conchée vu depuis Saint-Malo. Photographie FortificationetMémoire 2018.

Le fort de la Conchée vu depuis Saint-Malo. Photographie FortificationetMémoire 2018.

Quand à l’île de Cézembre [île de Cézembre ou île de Cezambre], elle est occupée à l’origine par un monastère (que l’on fortifie vers 1500) qui est incendié en 1693 par les Anglais. Vauban la fortifie en construisant quatre batteries, dotées de six canons. 80 canonniers issus de la milice et 50 soldats. La chapelle est transformée en magasin à poudre.

Plan de l’île de Cézembre (fin XVIIe siècle – première moitié XVIIIe siècle).

A suivre…

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